Après un looooooong voyage, première journée de glandage à Sydney !
Je crois sincèrement que ce fut le plus long et éprouvant voyage de toute ma vie. J’ai eu un moment de doute en repensant à la remontée de la moitié du Mozambique en stop, taxi collectif, puis stop à nouveau, mais à la réflexion, ce voyage avait au moins l’avantage d’être un peu inattendu et excitant...bref.
9h de vol entre Paris et Pékin.
4h d’attente. 3h de vol entre Pékin et Shanghai (tiens, cette étape, j’étais pas au courant !). 2h d’attente. Pour finir, 12h de vol entre Shanghai et Sydney.
Départ donc samedi 20h20 de France, et arrivée à Sydney à 8h30 heure locale. Ce qui nous fait 8h de décallage horaire.
Alors ça a beau être mon rêve qui se réalise, au moment de partir, je fais moins la fière. Je chiale, pour être plus exacte. Tellement, que les mecs qui me font passer vers les portes d’embarquement me demandent avec pitié pourquoi je pleure et essaient de me remonter le moral en me disant que je vais rencontrer plein de beaux mecs. Je regardent mes parents, ma soeur et Rubis et je chiale encore plus. Et ben, ça promet. J’ai jamais autant chialé de ma vie pour partir en voyage. En même temps, je ne suis jamais partie non plus comme ça...
Je finis par me calmer une fois dans l’avion. Entre temps, j’ai parcouru le contenu de « l’enveloppe de survie » remise par Rubis. Il faut savoir que Rubis a une conception inhabituelle de ce qu’on a besoin pour survivre, c’est-à-dire : des échantillons de shampoing et de savon (utiles, mais pour survivre ? ;p), des petites cartes à distribuer lors des rencontres (hahaha) et une capote. Certes. Tout ceci agrémenté de recommandations que je m’en vais suivre à la lettre. Fuir certaines catégories de mecs. Et me taper un surfeur parce que « c’est cliché mais bon, passer 9 mois en Australie sans se taper un australien, c’est un peu comme aller en France sans voir la Tour Eiffel ». C’est sûr que dit comme ça... ! ;p
Sans oublier quelques photos, la première, celle du moment où j’ai acheté mon billet d’avion, pour me rappeler que oui, à un moment, j’ai été contente de partir, contrairement à maintenant dans l’avion... et d’autres avec notre tee-shirt du club des cracheuses de venin, parce que que ce soit en France ou en Australie, la lutte continue !
Bref, malgrè la lecture du bouquin prêté par Sarah (que j’espère être en mesure de pouvoir lui rendre...), je m’endors vite, au-dessus de Saint Pétersburg....pour me réveiller au dessus de Bulgan. Bulgan ? ... Mongolie ?! Vite, j’ouvre le hublot pour voir à quoi ressemble mon prochain rêve après l’Australie ! Bon, je m’attendais à voir des grandes steppes vertes remplies de chevaux qui galopent et de yourtes, c’est pas trop ça, mais plutôt de grands espaces désertiques marronnasses...Oui je sais, le désert de Gobi. Bref, va falloir bien étudier la carte avant de commencer ma traversée de la Mongolie à cheval ! Nous avons donc été réveillés à 3h50 du mat pour le petit-déjeuner, composé d’omelette-pommes rissolées. Ouh ! Enfin, mieux vaut ça que le filet de colin et purée de courgettes d’hier soir... !
Arrivée à Pékin, je fais la queue pour les transferts internationaux. Au bout d’une demi-heure, on me dit qu’en fait, moi c’est une autre queue. Hein ? Je vais à Sydney. On est à Pékin. Y’a un autre Sydney en Chine, peut-être ? (souvenir de mon expérience récente d’achat de billet pour Munster en Alsace à la place de Munster en Allemagne...). Spécial line, qu’il me répond. Comment ça special line... J’avance. Ah oui exact, y’a une line qui s’appelle special line. En même temps il n’est pas précisé pour qui est cette special line alors comment savoir que c’est là qu’on doit aller ? Bref.
Enfin dans le vol pour Sydney, Sideni, comme dirait nos amis les Chinois.
Impossible de fermer l’oeil de la nuit. J’ai ainsi le temps d’observer toutes les constellations de cet hémisphère et de leur inventer des noms, ainsi que de me faire à moi-même des remarques plus ou moins existancielles, à savoir :
1) Est-ce que les compagnies aériennes construisent leurs avions par rapport à la taille moyenne de leurs habitants ? Non parce que là il me faudrait des jambes pliables pour être en mesure de m’asseoir normalement sur ces sièges. Du coup, j’essaie comme je peux de me contorsionner, mais bon, moi j’ai jamais été entrainée au cirque dans ma jeunesse...Bref. Ce qui est sympa et convivial aussi, c’est qu’en étalant mes jambes sous le siège de devant, j’arrive à faire du pied au voisin de devant. Je ne me souviens pas d’un tel problème avec Luftansa, sûrement prévu pour de grands dadais blonds. Je considère même pendant quelques instants la possibilité de m’allonger en plein milieu de l’allée, comme on le fait dans le bus en colo. Mais bon, l’avantage en colo, c’est que les gosses n’ont pas le droit de se lever...
2) Pourquoi on ne met pas les bébés dans un coin spécial de la soute ? Ca permettrait peut-être aux autres passagers de pouvoir dormir un minimum. Non mais sérieux, je ne faisais que fantasmer à l’idée d’ouvrir un hublot et d’en passer un par la fenêtre. Mais comme je suis sympa, dans mon rêve éveillé, je lui donnais un parachute. Quoique, je ne sais pas si c’est si sympa que ça car à son âge, je doute de sa capacité à ouvrir le parachute. Bon à la limite, ce serait pas si grave, un bébé, c’est pas si compliqué à faire, et puis vu les problèmes de surpopulation de la planète...Bref.
3) En fait, hôtesse de l’air, c’est un peu comme animateur. Sauf que eux, ils n’ont à supporter les gens que pour le voyage, et pas sur place. Et en plus c’est plus facile, ils ne font que nous servir à bouffer et à boire (bien que, les chinois prennent cette mission très à coeur, et ont tourné TOUTE LA NUIT avec une bouteille d’eau et des gobelets, à la recherche d’un voyageur assoiffé qui ne dormirait pas). Sinon :
- ils ne doivent pas amuser la gallerie en chantant des chansons.
- Ni surveiller que les gens ne se lèvent pas.
- Ni parler avec tous les passagers pour apprendre leur prénom.
- Ni faire arrêter l’avion parce que trop de passagers doivent aller aux toilettes, ou parce que l’un d’entre eux s’est chié dessus et a besoin d’habits de rechange dans la soute.
Bref, easy métier, non ?
Arrivée à Sydney, après un bref passage aux toilettes pour me refaire la face, absolument nécessaire, me voilà vite dans le métro, direction l’opéra et Harbour Bridge ! Je trouve une place sur une pelouse, et n’en bouge plus pendant 5h ! Trop dur de bouger avec mes bagages ! Après cette petite sieste, c’est partie pour l’aventure « je prends le bus sans savoir où je vais avec pleins de sacs ». C’est trop marrant, vous devriez essayer (ironie, je précise). Enfin ! J’arrive chez le couchsurfeur chez qui je vais passer quelques nuits ! Une coloc de quatre mecs qui recoivent deux autres couchsurfeurs allemands. Eh ben, c’est l’auberge espagnole ici !