Grampians National Park
On commence fort : une rando...qu’on imaginait pas si difficile ! Le suisse et une des allemandes sont en tongs, je suis la seule à avoir emmené de l’eau (et il crève de chaud) bref, on n’était pas préparés... 2,4 kilomètres, indiquait le panneau...oui mais...ça monte dur ! Super rando, on commence par traverser « Grand Canyon » en faisant un mélange de marche et d’escalade, puis on passe dans des escaliers creusés entre des falaises (« silent street »), bref, le chemin en valait la peine autant que la vue d’en haut, qui est à couper le souffle ! Ah oui...on a croisé le chemin d’un...serpent ! Petit, mais rapide ! Brrrrh !
Puis direction un camp, de l’autre côté du parc. Je suis pas trop motivée à traverser tout le parc pour revenir dans le coin ici le lendemain (où se trouvent tous les trucs à voir), mais bon, je vais pas faire ma chiante...
Je pensais qu’un quart de plein suffirait. Résultat, on est pas encore au camp que le voyant d’essence s’allume. Et bien sûr, nous avons quitté la route principale pour une route de sable-terre, il y a 30-45 minutes. Nous sommes donc au beau milieu de nulle part, en plein bush. Je m’arrête, pas la peine d’aller plus loin, demain, il faut encore qu’on fasse tout le chemin en sens inverse... ! On s’apprête donc à passer la nuit en plein milieu du bush. On a à peine le temps de manger, moi de jouer un peu de guitare, que déjà il fait noir. Au dodo ! J’entends des bruits bizarres autour de la tente. Je psychote : j’ai mis mon matelas sur la voiture avant de le mettre dans la tente, et si j’avais fait entrer un serpent ou une araignée en même temps ? Et si on me retrouvait morte demain matin, piquée pendant la nuit sans que je ne m’en sois rendue compte ? Depuis l’énorme araignée trouvée sur l’un de nos sacs en début de semaine, je psychote un peu... Le ciel se met à gronder, et très vite, des éclairs illuminent le ciel. Puis la pluie arrive. Bientôt, vision d’horreur, je vois ma tente s’ouvrir toute seule, avec en arrière plan les éclairs. C’est le Suisse, trempé jusqu’aux os, qui a abandonné son hamac. Enfin, le soleil se lève, c’est pas trop tôt après cette super nuit. Je sors de la tente et vais lire, adossée contre un arbre, le temps que les german se réveillent. Et oui, je suis matinale en Australie, incroyable but true !
On se remet en route, en priant pour arriver au moins à la route goudronnée. De là, on pourra marcher ou faire du stop jusqu’à une station essence. Je pensais avoir expérimenté toutes les pannes possibles avec la beetle en Afrique du sud, mais si y’a bien une panne qui me manquait, c’est la panne d’essence, ou la panne la plus conne du monde. Jimmy nous sauve. Et nous emmène jusqu’à la station essence. J’avoue que je n’y croyais pas trop. On aura roulé 43 bornes, et autant de minutes, à sec. Je me demande l’état de stress dans lequel sont les pilotes volant le réservoir vide, genre dans Pearl Harbor, quand ils vont en Chine !, quand je vois l’état de stress dans lequel j’étais moi. Pourtant au pire, la voiture s’arrêtait, mais je ne m’écrasais pas dans la mer. Bref, je ressens un amour inconditionnel pour cette voiture, en cet instant.
Aujourd’hui, premier décembre, outre l’anniversaire de ma chère petite soeur, c’est aussi le jour du premier chocolat du calendrier de l’avent ! Que pour la première fois de ma vie, je n’ai pas mangé, mais léché. Et oui, c’est l’été ici ! Je devrais peut-être le laisser en plein soleil, au moins je pourrai même le boire, une gorgée de chocolat chaud pour le goûter !
On passe la journée à aller voir divers points de vue et à faire quelques marches. Le Mt Difficult. Pas si difficult que ça. Enfin pas pour nous, pour Jimmy, c’est une autre histoire. Comme quoi, en amour, y’en a toujours un des deux qui fait souffrir l’autre...qu’est-ce que je ne lui fais pas faire...d’abord rouler à vide pendant 40 bornes, puis nous emmener tout en haut d’une montagne...