Karijini National Park
Dimanche, on se reveille avec les mouches, comme d´hab. Le soir, c´est les moustiques, et le matin, les mouches. Parfois, je me dis qu´entre les betes et la chaleur, l´Australie, c´est l´enfer sur Terre. Je suis a deux doigts de peter un cable en sentant au moins 5 mouches se poser sur mon visage alors que je suis en train de me brosser les dents (et les mains occupees avec ma brosse a dent et ma bouteille. Zen). 400 kilometres de route et nous arrivons a Tom Price, une petite ville qui ressemble a une oasis de verdure et de palmiers au milieu du desert. On a quitte la nationale le long de la cote pour s´enfoncer dans les terres, detour que nous faisons pour aller au Karijini National Park, l´un des plus beaux parcs nationaux d´Australie. Apres avoir passe toute la matinee a suer dans la voiture, une fois arrives a Tom Price, nous passons l´aprem dans un parc a faire la sieste, pique-niquer, lire, profiter du hammac de Thomas, et du reseau telephonique !
Finalement, on se decide a partir pour trouver un camp ou passer la nuit, un peu avant le coucher de soleil. Je laisse les mecs s´occuper de la route. 15 bornes plus tard, tous les deux realisent au meme moment qu´ils se sont trompes de direction. On fait demi-tour, et on arrive quelques kilometres plus tard a un premier camp, qui ressemblait plutot a un... parking cimetiere. Une sorte de point de vue au sommet d une colline, avec plein de noms et de croix gravees sur des rochers. Katie et moi n´aimons pas trop beaucoup ca, on se barre. Finalement, on trouvera un autre camp quelques kilomètres plus tard. Voila, dans un road trip, on a toujours au moins une nuit galere, ben c´était cette nuit !
Lundi, c´est parti pour Karijini National Park ! On a tous entendu parler de ce parc, et on est tous super impatients et excites ! On descends dans une premiere gorge pour aller a un bassin naturel. Il fait une chaleur a crever. Cette fois, je ne rale plus seulement interieurement mais egalement exterieurement. Ce qui fait rire Patrick, ce qui fait rire Thomas. Patrick s´imagine maintenant que toutes les francaises sont comme moi, a jurer et hurler tout le temps pour un rien (un moustique qui me pique, ma tente qui s´envole, moi qui trebuche, une araignee...). On arrive enfin au bassin, juste le temps de retirer pompes et fringues et on est tous dans l´eau. Finalement, on va passer toute l´aprem a se la couler douce dans ce bassin. Hormis Thomas et son petit concours de saut avec deux trois mecs qui trainent dans le coin. Les mecs, ils sont rigolos hein, c´est toujours a celui qui sautera du rocher le plus haut (sans s´exploser le cerveau en bas). En fin d´aprem, on decide de pousser un peu plus loin dans les gorges pour aller voir un autre bassin, dans lequel on se baigne a nouveau. Endroit de reve. Petit ponton de bois, cascade sous laquelle on peut s´asseoir, eau chaude bleu-verte. Et si le paradis etait ici ?
On passe la nuit dans un campement du parc national, juste a cote. On passe un certain temps a choisir notre emplacement, entre Patrick qui veut un bon sol car il n´a pas de matelas, et Katie qui ne veut pas etre trop loin des toilettes, mais finalement on arrive a trouver un emplacement qui satisfait les exigences de chacun. Ce soir, c´est soiree prout. Thomas commence, comme d´hab, et moi j´en lache un pour la premiere fois. Devant la tete hallucinee des mecs, j´explose de rire. Ben quoi, pourquoi moi je devrais me gener ? Je ne fais que retablir l egalite hommes-femmes ! Je ne vois pas pourquoi les mecs auraient le droit et pas nous ! S´ensuit un concours de petage pour le reste de la soiree. Avec pour critere unique le bruit, je precise. Voila, j ai affirme mon petit cote masculin.
Mardi, comme on a campe dans le parc, a 8h30, on est deja en train de randonner. On descend dans une gorge jusquá un premier bassin...ou je ne baigne pas ! En effet, une fois en maillot de bain, je m´apercois que ca grouille de sansgues. J´ai ete traumatisee dans ma jeunesse par ces bestioles, et il est hors de question que je mette un pied dans l´eau, je m´imagine deja ressortir de léau avec une centaine de sansgues accrochees partout sur mon corps ! On continue a marcher dans les gorges. Cést magnifique, enfin du vert ! J´ai l´impression d´etre Indiana Jones marchant dans la jungle sur les rochers, a travers les plantes, etc. On trouve un arbre surplombant une riviere, une corde accrochee a l´arbre. Une liane de Tarzan !! Je crie. En fait non, c´etait juste pour escalader lárbre, ce que Thomas fait avant de sauter a l´eau. A mon tour de sauter...mais de moins haut...je me contente de deux petits metres mais stresse presque autant que la fois ou j´ai saute a l´elastique en Afrique du sud, nímporte quoi la meuf. Finalement, je saute, puis on resaute tous ensemble. On se remet a marcher. Les mecs nous devancent. A un moment, je perds de vue Thomas et sent le coup foireux. En effet, on marche dans des herbes hautes, et je sens le truc, a tous les coups, il sést cache pour nous faire peur. Je sens le truc arriver, car c´est exactement le genre de choses que j´ai toujours adore faire. Je ne compte meme plus le nombre de fois ou je me suis cachee derriere une porte ou sous un bureau pour faire peur a ma sœur. Bref, jínterpelle Patrick : « Patriiiiick ! Il est ou Thomas ?! ». Devant quíl me dit. C´est ca. Et grand-mère cést Britney Spears. Je continue a avancer, sur mes gardes, en regardant autour de moi. Et la, je le vois, accroupi comme un con au milieu des herbes en train de me filmer. Loupe, coco ! On continue a avancer, le long de la paroi des gorges, les pieds dans l´eau, jusqu´a ce qu´on arrive au bassin dans lequel on a passe l´aprem la veille. On se baigne, puis remontons a la voiture pour passer l´aprem dans l´autre partie du parc, 40 bornes de piste plus loin. Une heure et demi et une sieste plus tard, on descend dans une nouvelle gorge, et la, c´est juste genial. Presque du canyoning. On avance d´abord contre la paroi, et en marchant par endroit dans l´eau, avant d´arriver dans une gorge plus etroite ou on abandonne effets personnels pour continuer a la nage. Nager dans de l´eau bleu-verte, au milieu de parois rouge ocre, c´est juste magique. Le soir, on quitte le parc et on dort sur une aire de repos le long de la Great Northern Road, a 300 bornes de Port Hedland. Je suis une debile, pour economiser 30 centimes, j´ai achete une boite de thon sans ouverture facile, et comme je n´ai pas d´ouvreur, je me retrouve a trafiquer avec un couteau suisse, et je me retrouve avec de l´huile de thon partout sur ma jambe. Genial. J´essaie de l´enlever avec du manugel. Ca ne marche pas du tout. Je tente d´enlever le tout avec mes lingettes demaquillantes. J´ai´maintenant une jambe toute grasse. Vive ma radinerie.