Wave rock et route vers Esperance
Et c’est parti pour 10h de route ! Je conduis toute seule : mes parents sont encore totalement déconnectés à cause du voyage, du décalage horaire, de la journée de folie que je leur ai fait vivre hier, et de la chaleur écrasante : aujourd’hui 46 degrés. Super pour une traversée du désert... Sans la clim, on serait morts. A plusieurs reprises, on doit faire des pauses pour la voiture qui surchauffe à mort. Moi aussi, je suis crevée, je tente une petite sieste sur le bord de la route, histoire de me remettre d’aplomb. Ma mère hallucine sur place en me voyant m’allonger par terre au milieu des herbes, elle m’imagine déjà piquée par 5 serpents et 3 araignées. Mais le seul truc qu’on voit, c’est des mouches, des mouches et encore des mouches. Résultat, impossible de m’endormir, et je me remets au volant. On fait une pause plus longue à Wave rock, un rocher en forme de vague. Il fait tellement chaud qu’on passe nos chèches sous l’eau et on s’enroule dedans pour se traîner jusqu’au rocher. On prends une photo, et on se barre, vite, la cliiiiiiiim !
La voiture fait un bruit bizarre. Je ralentis et ne roule plus qu’à 80, puis 60. Et ben, y’a 800 km à faire pour arriver à Esperance, à ce rythme-là, on n’est pas arrivés ! Résultat, on se fait attraper par la nuit, et on arrive au camp gratuit (de mon bouquin sur tous les camps gratuits) dans le noir. Le camp gratuit ? Un bout de pelouse avec des tables de pic-nique devant une station d’essence (Monglinup !). Des toilettes. Une cabine téléphonique. Une aire de repos quoi. En plein outback. J’avais imaginé autre chose pour mes parents que les faire dormir dans le bush pour leur première nuit hors de Perth. Papa et maman montent les tentes pendant que je fais chauffer du riz, en me faisant dévorer par les moustiques. On se met à table. Mhhhh du riz aux bêtes d’orage ! Miam ! Le vent se lève et les tentes s’envolent. Je cours les rattraper et les stabilise dans les arbres le temps qu’on finisse de manger. Mon père est à la limite de péter un câble. Finalement, je laisse ma tente à mes parents, et je dors dans ma voiture.